Les actions de préservation de la biodiversité

Violaine Bernard

Avant le lancement des travaux du Contournement Nîmes Montpellier, SNCF Réseau a réalisé de nombreuses campagnes d’inventaires écologiques sur le périmètre du projet. L’objectif était de connaître avec précisions les espèces et habitats naturels à protéger.

Plusieurs espèces phares ont ainsi été identifiées et étudiées dont notamment l’Outarde canepetière, l’Œdicnème criard, le Lythrum thesioides ou le Lézard ocellé.

Des mesures environnementales ont ainsi été définies très finement pour chaque espèce impactée par le projet. L’objectif de ces mesures environnementales est de permettre, a minima, de maintenir le bon état écologique des espèces visées.

Comment ont été réalisées ces campagnes d’inventaires ?

SNCF Réseau a engagé des inventaires complets de la zone de projet du CNM. Ils visaient à identifier toutes les espèces de faune et de flore sur une année entière, en 2010. En 2012, ces inventaires ont été partiellement renouvelés par Oc’Via.

L’enjeu de l’Outarde canepetière et de l’Œdicnème criard était connu depuis les années 2006. SNCF Réseau a donc engagé une campagne d’inventaire de ces espèces en 2006, dans la Costière Nîmoise (Gard). Ces campagnes ont été renouvelées tous les ans entre 2010 et 2014, afin d’avoir une connaissance très fine de ces populations d’oiseaux. Un appui scientifique a été apporté par le CNRS de Chizé, dans le cadre d’une thèse réalisée sur 3 ans par Pierrick Devoucoux pour SNCF Réseau.

Quelles sont les mesures environnementales prises ?

L’objectif est de limiter au maximum notre incidence : donc tout d’abord par des mesures évitant toutes répercussions négatives, par exemple en réduisant légèrement l’emprise du tracé pour éviter une station floristique patrimoniale. Par exemple, le tracé de la jonction de Jonquière a été modifié de façon à ne pas détruire la station floristique de Lythrum thesioides. En effet, il s’agit d’une espèce dont l’enjeu de conservation est mondial.

Ensuite, des mesures de réduction sont mises en œuvre. Par exemple, avant l’engagement des travaux des jonctions du CNM, SNCF Réseau a fait baliser toutes les zones sensibles se trouvant à proximité des emprises de travaux. De cette façon, aucun engin n’a pu détruire ces milieux clairement identifiés. Des systèmes de filtration des eaux de chantier sont également mis en place pour que les eaux qui rejoignent le milieu naturel soient épurées.

Enfin, pour les impacts restants, dits « résiduels », des mesures de compensation ont été mises en œuvre : des mesures agro-environnementales ont été signées en partenariat avec les agriculteurs de la Costière Nîmoise pour recréer des habitats favorables à l’Outarde canepetière. Ces mesures consistent par exemple à supprimer l’usage d’insecticides car les juvéniles se nourrissent d’insectes, retarder la période de fauche pour s’assurer que les couvées se trouvant dans les prairies ont éclos et que les jeunes sont partis avant que la parcelle ne soit fauchée,…

Qui met en œuvre ces mesures environnementales ?

Les experts en biologie des bureaux d’études ont défini les mesures environnementales. Les mesures d’évitement, visant à modifier l’emprise du projet, sont directement conçues par les équipes de maîtrise d’œuvre du CNM, en lien avec les experts écologues. Les mesures de réduction mises en œuvre en phase travaux sont assurées par les entreprises réalisant les travaux, selon leur spécialité, et encadrées par un bureau d’étude extérieur assurant le suivi environnemental du chantier.

Les mesures compensatoires sont mises en œuvres par des acteurs locaux du territoire dans le cadre de partenariats de travail : le Conservatoire d’Espaces Naturels du Languedoc-Roussillon, la Chambre d’Agriculture du Gard, le Centre Ornithologique du Gard, etc.

Combien de temps durent les mesures compensatoires et qui les contrôle ?

Les mesures compensatoires sont réalisées durant toute la durée du contrat de partenariat, soit jusqu’en juillet 2037.

Des suivis écologiques (comptages des espèces etc.) sont réalisés très régulièrement durant toute cette période par SNCF Réseau et Oc’Via pour s’assurer que les mesures réalisées sont efficaces et que les populations d’espèces se portent bien.

Un Observatoire de l’Environnement entre Oc’Via, SNCF Réseau et les services de l’Etat permet de rendre compte de la bonne réalisation des mesures et de leurs résultats en terme d’écologie. Il se réunit plusieurs fois par an et est piloté par Oc’Via.